mardi 16 décembre 2008

Soyons Fourmidables : Il ne faut pas avoir peur des réseaux sociaux et des moteurs de recherche

Je pars ici d'une tribune reprise par Computer Weekly autour du thème "Il ne faut pas avoir peur des réseaux sociaux d'entreprise", ni des moteurs de recherche et je fais un parallèle avec l'efficacité des fourmis...

Le sujet est simple, nous sommes débordés, par les Emails, par les contacts, par les process, par les documents à lire, par les micro-tâches à réaliser dont il faut prendre connaissance... La façon ancienne de faire consistant à organiser, planifier ne passe pas l'échelle du volume que nous devons gérer. Nous devons rester concentrés sur notre création de valeur, sur les tâches que nous avons nous mêmes à réaliser, c'est bien pour cela qu'on nous paye. Et pourtant, il faut faire partie de l'entreprise, suivre son rythme et sa stratégie.

Alors comment faire pour rester focus et productifs et se synchroniser avec le reste de l'entreprise et des collaborateurs, comment le faire en dépensant le moins d'énergie possible? Les fourmis ont des antennes. Pour nous autres cols bleus ou blancs, c'est simple: il suffit d'être en contact en contexte avec le reste. Deux outils principaux partagent le mérite d'être très interactifs et contextuels et très peu intrusifs : le réseau social et le moteur de recherche d'entreprise. Le premier facilite l'échange autour de sujets ou avec des personnes et permet au passage de sentir où va le vent et ce que font les autres. Le deuxième permet de trouver les informations adéquates utiles à mon activité, tout en donnant du contexte, tout en mettant en avant les parties de l'entreprise, ou les personnes dont l'expérience va me faire gagner du temps et de l'efficacité. L'un comme l'autre concourrent à développer une interaction à propos, c'est à dire en contexte qui m'assure que ce que je fais est cohérent avec ce qui se fait.

Ca n'a l'air de rien, mais ce n'est ni plus ni moins que l'explication des récents déboires de grandes banques, les retards devenus fréquents de certains industriels, les râtés de R&D, les centre de call center qui répondent de façon si kafkaienne. Contrairement à ce que des années de taylorisme nous laisseraient penser, la clé du problème n'est pas dans la qualité des process ou des règles de contrôle, elle est dans l'assouplissement de la rigidité du tissu d'interaction entre les différentes personnes ou entités d'un groupe. Il faut fluidifier tout cela, créer des antennes entre les collaborateurs, et ceci est résolu par les deux outils que je mentionne : Réseau social et Moteur d'Entreprise.

Il y a une théorie qui explique cela, c'est l'Emergence, développée notamment par Turing qui ne s'expliquait pas le foisonnement désordonné et pourtant si efficace de la ville de Manchester. Les fourmis sont assez bêtes et improductives, difficiles à entrainer pour respecter des process, mais si on les laisse interagir, elles sont collectivement extrêmement efficaces et coordonnées. A l'ère de l'information numérique et des télécommunications unifiées, une entreprise sans réseau social et moteur de recherche, c'est comme une fourmillière où les fourmis n'auraient pas d'antennes: n'en attendez pas des miracles...

1 commentaire:

  1. Cher Jean, excellente intiative. Dommage que cela n'apparaisse pas plus sous la banniere "Sinequa". Un petit billet d'introduction explicatif, sur les objectifs du blog, serait également le bienvenu...

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