mercredi 24 juin 2009

Chercher Quoi ou chercher Qui, remerciements à Eric Juin

Dans le titre bien trouvé de son article, Search : Sinequa cherche le quoi, mais aussi le qui, Reynald Flécheaux, rédacteur en chef du Mag IT (www.lemagit.fr) illustre un enjeux que Sinequa a identifié depuis quelques années : le moteur de recherche en entreprise ne se résume pas à chercher une information. Au passage, c'est l'occasion de lire un article clair et bien construit et de voir une jolie capture d'écran.

Poursuivons l'idée selon laquelle le moteur de recherche en entreprise ne peut pas se limiter à la recherche documentaire. Très simplement, partons du besoin : pourquoi les entreprises achètent un moteur de recherche ? Réponse : Ca dépend, mais donner accès à des informations est rarement le seul but.

En effet, derrière le besoin d'information, il y a celui de connaissance, et en particulier de connaissances en contexte pour action. Les utilisateurs de la solution Sinequa ne sont pas des érudits en quête perpétuelle de nouveau savoir, elles et ils sont des professionnels souhaitant mener à bien leurs missions. Par exemple, un chargé de clientèle veut avoir l'historique de son client pour lui vendre un produit d'assurance vie, il souhaite trouver la réponse à sa question liée à la fiscalité patrimoniale. Un chercheur veut savoir si le brevet qu'il envisage de déposer utilise un état de l'art déjà connu d'un autre chercheur de la même entreprise.

En d'autres termes, de quoi ont besoin nos utilisateurs? D'information certes, mais intégrée dans le contexte de leurs actions. Souvent on préfère à la lecture d'un document, l'identification de la ou des personnes pertinentes  pour leur poser une question, ou pour initier une collaboration.

Voila pourquoi Sinequa a prolongé la réponse fonctionnelle faite en 2006 à Bouygues Construction (voir l'article de Bertrand Lemaire pour CIO Magazine Bouygues Construction se fait guider dans un océan d'informations) dont le brief pouvait être ramené à : « tout chef de chantier rencontrant un problème doit pouvoir identifier les personnes de l'entreprise ayant vécu une expérience similaire ». Sinequa a développé autour de sa solution de recherche un jeu de fonctionnalités orientées personnes et un niveau d'intégration applicatif important avec les outils collaboratifs et les réseaux sociaux. Eric Juin, Directeur du KM et des e-services chez Bouygues Construction nous a beaucoup inspiré et aidé à mieux comprendre ces sujets. Je l'en remercie.

 

mardi 26 mai 2009

L’impact de la crise de confiance dans l’informatique : des acheteurs plus rationnels à l’image de Saint Gobain

L'économie, la société dans son ensemble sont contaminées par le manque de confiance hérité de la crise financière et immobilière. Et l'industrie informatique n'est pas en reste, mais à toute chose malheur est bon, car cela rend les DSI un peu plus rationnels dans leurs choix.

Un des problèmes identifiés au début de crise mondiale fut l'opacité des produits financiers. A force de combiner, dériver, retraiter les actifs et leur potentiel, les portefeuilles en devenaient opaques. La valeur d'un produit devenait difficile à relier à son contenu, et dépendait beaucoup trop du vox populi, de ce qu'en disait le marché, et pas assez du contenu réel, des actifs. Il en fut de même pour les bilans d'entreprises cotées. Certains clients, et des plus illustres, ont fait confiance à de grandes marques (d'analystes, de banques) et ont acheté des actifs dont ils ne comprenaient ni ne mesuraient visiblement pas le contenu, notamment en terme de risque. Inversement, certaines très belles entreprises comme Saint-Gobain par exemple, pourtant leader mondial dans plusieurs métiers, étaient visiblement sous évaluées au regard de leur réalité industrielle.

L'industrie du logiciel apparait elle aussi assez opaque avec ses modes, ses acronymes, ses analystes omniscients. On trouve des produits gratuits et d'autres qui valent des millions d'Euros. Comment doit se fixer le (juste) prix d'un projet et d'un logiciel et quelle est la valeur associée – pourquoi est-ce parfois si difficile de décrypter le marketing d'un éditeur et la logique de tarification ? Quelle est le véritable prix à payer en prenant en compte les évolutions à venir du besoin ? Quelle confiance avoir dans celles et ceux qui font profession d'évaluer les logiciels et qui le plus souvent se contentent de lire la documentation marketing des éditeurs ? Ici aussi, il y a de grandes marques, de conseil, d'analyste et bien entendu de logiciel. Mais tout comme la plus grande banque de gestion de fortune n'a pas pu protéger ses clients des déboires d'un placement Madoff, aucun analyste ne protègera un DSI qui aura acheté la marque plus que la réalité des qualités d'un logiciel...

Il existe des entreprises qui préfèrent payer cinq à dix fois plus cher pour un logiciel d'une marque plus connue. Je devrais plutôt dire qu'il existe des directions informatiques qui font ces choix car je doute que les entreprises en ces temps de crises continuent de trouver cela plaisant. J'ai appris récemment avec un certain plaisir que quelques cabinets de conseil avaient débuté des missions pour le compte des directions générales visant à analyser la rationalité des choix effectués par la DSI.

Je souhaite remercier et rendre hommage à Saint-Gobain qui a été au bout d'une démarche rigoureuse d'analyse de son besoin puis d'analyse de la valeur dans son choix de moteur de recherche d'entreprise. A partir d'une liste de 10 éditeurs, 4 furent retenus et testés en grandeur réelle comme cela est relaté dans l'article de Jean-Claude Streicher « Sinequa s'impose dans les grands comptes ». Sans cette épreuve du test, Sinequa aurait probablement perdu ce marché par manque de notoriété. Saint Gobain aurait payé plus cher un service probablement moins adapté à ses besoins, voire n'aurait pas trouvé un éditeur capable de résoudre son problème de gestion de la sécurité liée au moteur de recherche. Ici au contraire, le projet a été réalisé pour un délai et un budget inférieur aux prévisions initiales.

Un problème souligné récemment dans la crise financière a été l'importance sur l'ensemble de l'économie des zones de non droit que représentent les paradis fiscaux. A quoi bon réguler Paris, New-York et Singapour si d'autres places financières ne jouent pas le jeu et si les bilans peuvent y être « rebelotés » en toute impunité. Quel parallèle avec l'informatique ? Le mélange des genres en informatique entre les différents rôles (analystes, revendeurs, consultants, experts….) a pu générer de l'opacité et de la confusion, à la limite du non droit quand parfois on invite les futurs clients dans des séminaires luxueux, on leur offre des missions de conseil, pour ensuite lancer des appels d'offres au sein desquels on ne voudra consulter que certains fournisseurs; On vous donne ceci pour vous faire payer cela plus cher plus tard. Je pense que l'industrie et ses clients ne vont plus tolérer longtemps ces pratiques, le bienfait de cette crise est peut-être là, dans une plus grande exigence du client vers le fournisseur. L'époque héroïque des vendeurs cow-boys, bonimenteurs aux boutons de manchettes clinquants, est révolue. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui jouent cartes sur tables, se concentrant simplement sur la création de valeur, au sein de leur produit, au profit de leurs clients.


 

lundi 23 mars 2009

La base de données est une source comme les autres, clin d’œil à Molière et à son Bourgeois Gentilhomme

<w

On a beaucoup parlé de la convergence entre business intelligence et moteurs de recherche d'entreprise. J'en ai discuté avec de nombreux clients et partenaires me demandant si oui ou non, à l'instar de Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir, Sinequa faisait de la Business Intelligence sans s'en douter. Je pense avec d'autres que Business Intelligence et DataBase Offloading sont parfois confondus.

Le « Database offloading » revient à utiliser un moteur de recherche pour requêter le contenu d'une base de données. La base de données étant d'abord conçue pour gérer des transactions, elle n'est pas optimisée pour donner accès à son contenu en vue de renseigner des applications de requêtage. Par exemple, une base de données qui gère l'intégralité des transactions d'une banque contient des informations permettant par exemple de disposer de façon agrégée de l'historique client.

  • La solution Informatique 1.0 pour cela consiste à recopier le contenu de la base de données dans un entrepôt de données ou datawarehouse, puis à permettre le requêtage de cette datawarehouse. Cette solution que les contraintes technique d'hier rendaient obligatoire (cout du hardware, performances des bases de données,…) est aujourd'hui une enclume pour écraser une mouche.
  • La solution Informatique 2.0 consiste à utiliser un moteur de recherche performant pour indexer la base de données et faciliter ainsi l'accès aux contenus utiles. Il faut un peu de paramétrage pour mettre cela en place. Le moteur de recherche doit être précis et fiable, robuste et scalable, totalement web en terme d'architecture et de technologie. Un moteur nouvelle génération pourra en outre générer des distributions sur des critères quantitatifs liés à telle ou telle colonne. Sinequa comme d'autres permet cette approche. Un des pionniers de cette solution astucieuse est l'excellent Jean-Paul Figer, ex CTO de Cap Gemini et aujourd'hui patron de son propre cabinet d'architecte informatique ; dans un style REST J (cf. REST, un style plus qu'un standard). Jean-Paul Figer a su tirer le meilleur parti de cette approche et il est capable de diviser le cout d'un projet par 10 ou plus ; et surtout de réduire le temps d'implémentation. Un bon moteur de recherche, Sinequa ou un autre, contribue dans ces cas de figure à des gisements de productivité impressionnants. Pour autant, et si brillante soit-elle, cette démarche n'est pas à proprement parler de la Business Intelligence mais plus du « Database Offloading » et de la réécriture d'applications en mode REST justement.

Je termine ce billet en soulignant une deuxième étape possible si on dispose d'un Bus de moteur de recherche gérant correctement la sécurité: étendre les possibilités applicatives au-delà des contenus de bases de données, indexer d'autres informations moins structurées, et proposer ainsi la vision 360° d'un client ou de tout autre sujet pertinent. Ici encore, scalabilité, gestion de la sécurité, connectivité, rendent tout cela possible.

Par honnêteté intellectuelle, je précise que l'idée de ce billet m'a été donnée par l'article d'Adriaan Bloem, Analyste chez CMS, qui rappelle qu'utiliser une technologie de moteur de recherche pour permettre d'accéder à moindre cout aux données contenues dans la base de données est astucieux, certes, mais correspond plus à du « Database offloading » qu'à de la Business Intelligence.

jeudi 12 mars 2009

Google Docs, Sécurité et respect des droits : la possibilité d’une faille est-elle acceptable ?

Comme cela est relaté par exemple dans 01Net, Google Docs partage un peu trop les documents ou dans TechCrunch (en anglais), Google Documents a eu une faille de sécurité. Certains utilisateurs ont pu voir ce que d'autres avaient produit, en dépit des règles de partage et d'accès. Les bugs c'est monnaie courante en informatique c'est vrai, mais ce genre de problème est il grave ou pas ?

Je pense qu'il y a deux enjeux : un est factuel et lié à ce qui a été indument partagé, aux préjudices objectifs. L'autre est plus immatériel, il s'agit du manque de confiance généré par la possibilité d'une faille. Comment en effet au niveau individuel travailler sereinement si le fruit de notre travail risque d'être violé ? Comment accepter du point de vue de l'entreprise que certaines données confidentielles fassent l'objet de fuites ?

Le principe même de l'Entreprise 2.0 est le partage et l'échange de l'information, mais il vaut parce qu'il y a confiance dans les outils et an particulier à une condition expresse : le respect de l'intégrité des données de chacun. Plusieurs DSI de clients de Sinequa, en particulier dans la banque, le conseil et l'administration, ont justement choisi notre solution du fait des garanties qu'elle offre en matière de respect de la sécurité. Inversement, je connais une banque qui avait installé une solution de recherche (je ne dis pas laquelle) pour les répertoires partagés : le premier jour de la mise en ligne, un collaborateur a posé la question « bonus CODIR » obtenant ainsi la liste des bonus des dirigeants…

En matière de sécurité, il faut exiger le risque zéro. Si par exemple la solution de recherche n'est pas conçue pour gérer la sécurité au niveau applicatif et document, si les droits ne sont pas pris en compte au cœur de l'index et mais a posteriori, on est en danger. C'est une des raisons qui a amené Sinequa a développer ses propres connecteurs applicatifs. Si la solution de recherche ne permet pas de rafraichir les droits en permanence en fonction des nouvelles règles (tel qui avait droit n'a plus droit, tel document qui était partagé ne l'est plus…), il y aura toujours un risque de mauvais cas de figure, des périodes pendant lesquelles un utilisateur pourra poser une question et récupérer une information qui ne devait pas lui parvenir…

Personnellement, je pense qu'en matière de risque de non respect des droits d'accès, la possibilité d'une faille n'est pas acceptable. Et vous, quel est votre avis ?

dimanche 22 février 2009

Sinequa : vitesse et volume, en gardant la pertinence et la richesse fonctionnelle

Sinequa vient de terminer une première série de tests de charge sur la nouvelle version de notre produit Sinequa CS. Je suis très fier.

Sans optimisation particulière, les capacités mesurées ont de quoi enthousiasmer. Sinequa était depuis longtemps en avance sur le fonctionnel et la pertinence. Quand d'autres ne voyaient pas l'intérêt de gérer la sécurité d'accès, ou la linguistique, ou encore la connectivité, nous avons déjà résolu ces questions depuis trois années. Sinequa a maintenant pu développer une architecture intégrant au niveau des couches basses du logiciel les options utiles pour offrir les fonctionnalités requises en entreprise tout en donnant des performances de premier ordre. La technologie Sinequa dispose désormais d'une puissance inégalée à ce niveau fonctionnel. Cela fera l'objet de fiches produits détaillées, mais en attendant, voici un aperçu des premiers résultats :


Vitesse de réponse sur un grand volume d'utilisateur : jusqu'à 1700 requêtes simultanées par seconde sur un serveur bi-processeur (temps de réponse moyen aux alentours de 10 millisecondes). En terme d'applications, notre client le plus exigeant à ce jour gère des pics à 400 requêtes par secondes, nous générons ici un gain de l'ordre de fois 50 par rapport à la version précédente et surtout largement suffisant quelles ques soient les ambitions du client.

Capacité volumétrique d'indexation par serveur. Un seul serveur a indexé près de 100 millions de documents (mélange de formats d'entreprise) en quelques dizaines d'heures sans atteindre ses limites. Il s'agit d'un serveur quadri-processeur, donc des résultats très encourageants ; C'est une énorme progression pour Sinequa, surtout étant donné que ces performances s'accompagnent d'une linéarité parfaite vis-à-vis du nombre de serveurs. Nous pouvons maintenant véritablement indexer l'intégralité de l'entreprise sans consommer des ressources machines énormes, dans un temps raisonnable avec un rafraichissement suffisant. Pour les temps d'indexation et le volume précis, je ne détaille pas et j'attends d'avoir les benchs par typologie de document, car évidemment entre un PDF, un word, un fichier excel ou un un html, il y a des différences notables. A titre d'exemple, un serveur d'entrée de gamme peut indexer un peu plus de 1000 document type articles de presse par seconde, soit près de 100 millions de documents en 24 heures par serveur.

Capacité d'indexation d'une base de donnée sur un serveur d'entrée de gamme (4 processeurs et 8 Gigas de RAM): 5000 lignes (ou data base objects) par seconde, ce qui a donné près de 20 millions de lignes à l'heure et finalement 100 Millions de « database objects » indexés en 5 heures. Et nombre maximal d'insertion par secondes 10.000 soit au final près de 100 Millions en moins de trois heures. J'ai récemment lu les résultats d'un concurrent qui s'émerveillait d'indexer 30 millions de « database objects » en dix heures sur un serveur. Sinequa fait 6 à 7 fois plus vite, et il s'agit pourtant d'un concurrent dont les performances sont le principal atout fonctionnel. De belles batailles commerciales en perspectives.

Il nous tarde maintenant que cette nouvelle version de l'offre Sinequa soit exploitée en entreprise ; la richesse fonctionnelle de Sinequa alliée à ce niveau de performances, cela devrait donner des résultats que les utilisateurs plébisciteront. Il ne faudra pas attendre longtemps car la première mise en production aura lieu le mois prochain…

lundi 2 février 2009

Desktop Search et Moteur de Recherche d'Entreprise: à ne pas mélanger

J’ai eu le plaisir vendredi de discuter avec un responsable de la gestion des connaissances d’une très grande entreprise internationale. Il considère que le moteur de recherche personnel (desktop search) n’a pas grand chose à voir avec le moteur d’entreprise, ce n’était pas le cas il y a six mois. Les clients ou les analystes me demandent parfois pourquoi Sinequa ne fait pas de moteur de recherche personnel s’installant sur le poste client en dehors de cas particuliers où les postes personnels sont utilisés de façon très poussée. Il y a deux raisons : une est fonctionnelle, liée à l'usage, à notre vision et à notre proposition de valeur; la deuxième est technique. Les deux raisons se complètent fort bien.

Les raisons fonctionnelles et d'usage sont simples, Sinequa est un spécialiste de l’entreprise 2.0, c’est à dire qu’à travers notre solution de moteur de recherche, nous offrons de la productivité individuelle tout autant que de l’intelligence collective.
  • Selon moi en effet, l’entreprise 2.0 sert exactement à cela, à faire en sorte que n’importe quelle personne de l’organisation soit efficace et en phase avec l’entreprise (Ce qui est moderne ou disruptif ici est de penser que la productivité découle de la richesse des interactions tout autant que de l’organisation et des procédures, cf. mon post de Décembre 2008 « Soyons fourmillants »). En d’autres termes, l’intelligence collective est la résultante de meilleures interactions entre les employés. En condition nécessaire, chaque collaborateur doit pouvoir accéder instantanément à toute l’information utile partagée en contexte. C’est-à-dire accéder à toute la connaissance partagée, en fonction de ses droits et privilèges dans l’entreprise bien évidemment (il ne s’agit pas qu’un stagiaire dispose de toute la connaissance partagée du Directeur Financier). Cette connaissance inclut de façon non exhaustive: les documents, les informations dans les systèmes de production, les personnes utiles, avisées, intéressées sur tel ou tel sujet, les clients concernés, etc… Un moteur de recherche exhaustif disposant de connecteurs sécurisés vers toutes les applications et offrant des fonctionnalités avancées d’extraction de connaissance comme Sinequa CS pourra offrir tout cela. Il "suffit" d'étendre l'indexation à tous les systèmes d’information partagés, c’est-à-dire les applications (CRM, PLM, ERP, SRH,...), les Intranets, les répertoires, les serveurs de mails,…
  • Certains affirment qu’il faut ajouter à cet espace partagé l’information qui se trouve sur le poste personnel. Je pense que c’est une erreur. En effet, l’information sur le poste personnel est justement … personnelle. Elle doit être facilement retrouvable va sans dire, et il faut donc un moteur de recherche local pour cela, mais elle ne doit pas être mélangée avec l’information partagée. Il faut donc que les deux applications soient disjointes dans leur logique même de fonctionnement sinon on aurait le plus moyen des deux mondes. On peut d’ailleurs légitimement comparer le poste personnel avec l’espace physique du bureau (caissons, armoires de rangement,…): chacun s’organise selon son bon plaisir, range ses documents comme il l’entend pour mieux pouvoir travailler; et c'est très bien. Le taylorisme "forcé" marche mieux dans les chaines de production que chez les travailleurs qui manipulent de l'information. Ce qui est dans mon bureau doit en effet me servir à mieux travailler, il ne s’agit pas de capitaliser, ni de partager. Bien sûr cela doit être sauvegardé, et facilement accessible, mais il serait dangereux de mélanger les contenus personnels avec les contenus partagés de l’entreprise. L’effet induit serait un ralentissement général de la performance individuelle. En effet, en recherchant sans faire la différence dans mes documents personnels et les contenus partagés, je risque de favoriser le plus facile à trouver (ce qui est sur mon bureau) et ainsi de ne pas ou mal prendre en compte ce qui vient des autres. Quand je cherche sur mon bureau, je veux juste aller vite pour retrouver une information ou un document que je connais déja (en anglais, "I draw in my drawer"). Quand je cherche dans l'entreprise partagée, je suis par définition en mode "recherche, découverte, validation, ...". Bref, c'est une autre démarche. Vouloir mélanger les deux est une mauvaise pratique qui risque en outre à terme de ne pas favoriser le passage à l'entreprise 2.0. Et les gens continueront à travailler sans bénéficier à plein du reste de l'entreprise.

Je serai plus bref sur le deuxième argument qui est technique.
  • Le poste client ou desktop search est une discipline en soi, il s’agit de s’intégrer parfaitement dans l’ergonomie du … poste client ; de ne pas prendre de place en ralentissant la machine. Les informations qui sont sur le poste client sont déjà connues de moi puisque je suis le seul à y stocker des documents. En conséquence, je peux me contenter d’une fonction de recherche très directe par mot clé pour retrouver des documents que je connaissais à priori. Je n’ai nullement besoin de contexte : la date, le type de fichier et son emplacement me suffisent à instantanément me remémorer tout le contexte du document.
  • Il faut impérativement en revanche que le search du poste client fasse corps avec le système d’exploitation (le principe est à peu près le même si le poste client est virtualisé). Il est d’ailleurs intéressant de noter que les vendeurs qui proposent une solution poste client et une solution entreprise proposent en fait deux solutions totalement disjointes. Il n’y a pas de synergies, pas même commercialement puisque les meilleures solutions poste client sont gratuites. Le desktop search a en fait et principalement beaucoup de points communs avec le moteur de recherche sur le World Wide Web, j'y reviendrais dans un prochain commentaire.

Pour conclure sur ce sujet, je recommande pour la recherche en local Windows Desktop Search de Microsoft si on est Windows (gratuit), ou sinon Google Desktop (toujours gratuit). Et pour le moteur de recherche d’entreprise, chacun peut imaginer ma préférence pour Sinequa, mais je recommande surtout vigoureusement de tester en grandeur réelle, de penser aux évolutions de périmètre, et de parler à des clients du vendeur qu'on considère. Les bonnes solutions d'entreprise s'intègrent très bien techniquement et ergonomiquement avec les desktopsearch.

vendredi 23 janvier 2009

Le rachat d'Interowen par Autonomy illustre une révolution dans le marché de l'Enterprise Search

On reproche souvent beaucoup de choses à Autonomy mais il faut reconnaître à Autonomy son ambition et son appétit. J’ai du respect pour cela. Félicitations pour une telle operation en des temps où la majorité regarde les marchés s’effondrer ou coupe des centaines ou des milliers de postes... Autonomy est courageux, ou peut être leur faut-il impérativement suivre ce chemin? J’ai toujours perçu une grande similarité entre la dynamique d’Autonomy et celle d’Oracle, trouvant donc naturellement le commentaire d’Alan Pelz-Sharpe (Analyste chez CMS) sur le sujet très pertinent (en anglais)
http://www.cmswatch.com/Trends/1481-Autonomy-acquires-Interwoven---A-first-take

Quand Alan compare Autonomy à Oracle, il est au cœur d’un sujet important. Oracle a démarré comme une “enabling” technologie et a ensuite choisi (ou a du choisir pour des questions de taille ou de culture) de changer sa proposition de valeur devenant un vendeur d’applications. Une base de données, comme un moteur de recherche est une « enabling » technologie, rendant les autres choses et applications possibles.

Mais Oracle a choisi de devenir avant tout un vendeur d’applications. Etait-ce par peur de la base de données de Microsoft ou de l’émergence de l’open source, ou par envie des profits de SAP et de la fidélité de leurs clients? En d’autres termes, Oracle manquait-il d’excellence technologique ou de foi dans sa capacité à rester la meilleure technologie, ou a-il vu un autre marché se développer qui était plus gros et plus rentable ? La réponse à ces questions n’est pas importante à mes yeux; Il importe en revanche qu’Oracle ait suivi cette évolution, laissant des entreprises comme Business Object prendre le marché de la Business Intelligenge (ironiquement, pour devenir plus tard une filiale de SAP). En revanche, la valeur finit toujours sur l’ordinateur (ou l’i-phone ou le blackberry) de l’utilisateur, et l’application était le chemin entre la base de données et l’utilisateur.

Il y a selon moi un parallèle important entre les évolutions d’Autonomy et d’Oracle. Autonomy se détourne du search et va vers des applications verticalisées basées sur le search. Personne n'aura le mauvais esprit de demander si cela pourrait être parce que leur produit ou leur technologie ne sont pas assez compétitifs en tant que tels, on peut dire que c’est parce qu’Autonomy voit de plus importantes marges ailleurs. Autonomy est une enterprise très bien gérée prenant de bonnes décisions financières. Autonomy va pourtant passer à côté d’un marché important car dans le cas du search, le chemin vers l’utilisateur se trouve être le… search lui même: le Search est une technologie qui se trouve également être l’application ultime...

La majorité des compétiteurs de Sinequa, comme Exalead par exemple, annoncent que l’Enterprise Search va devenir une commodité, un marché pour Google, Microsoft ou l’Open source, et tout comme le leader Autonomy, ils se concentrent sur des applications verticalisées, du Search type Business Intelligence, des solutions de Governance Risk Compliance,... un océan bleu où l’argent est plus abondant pour ceux capables de résoudre des problèmes spécifiques de gestion ou d’accès à l’information semi ou non structurée.

C’est une formidable nouvelle pour les éditeurs tels que Sinequa, parce que cette fois, le gros marché se trouve être le marché de l’ « enabling » technologie: le marché de l’Enterprise Search lui-même. Cela est ainsi parce que la valeur de la collaboration, du partage de l’information, de la fourniture d'un meilleur accès à la connaissance, se trouve être une véritable mine d’or pour les entreprises. Et c’est un besoin qui est servi à 100% par l’enterprise search. Un besoin très difficile à servir, tout comme, une dizaine d’années en arrière, il n’était pas trivial de proposer un moteur de recherche sur Internet exhaustif et suffisamment pertinent. Mais nous n’apprenons jamais...

La crise économique va probablement ralentir les acteurs d’infrastructure dans leur capacité à améliorer leur offre d’enterprise search, et mon pari est qu’ils auront de toute façon beaucoup de mal à connecter leur search avec le monde extérieur. La crise économique va accélérer la verticalisation d’Autonomy et d’autres éditeurs. Pendant ce temps la, les entreprises doivent faire plus avec moins de moyens, elles veulent développer la productivité et l’intelligence collective. Seule une solution d’enterprise search peut résoudre ces enjeux.

Cela a tout l’air d’une opportunité pour les éditeurs comme Sinequa. Ce n'est pas un rêve, les rêves sont pour les projets plus ambitieux tels que celui que le President Obama a réalisé pour nombre d’entre nous en novembre dernier. Mais il s’agit d’une ambition que je partage avec la majorité de mes collègues à Sinequa et en particulier avec Alexandre Bilger qui co-dirige l’entreprise avec moi. Et vous verrez, Yes we can !

ps : Post original en anglais