mercredi 9 mars 2011

Pierre Bilger

J'ai rencontré Pierre pour la première fois lors des voeux du Président de la République aux forces vives de la nation, il était en 2001 Président d'Alstom, au milieu des autres patrons du CAC 40. Frappait sa modestie, son indifférence aux honneurs de la république et par contraste sa joie évidente de présenter à ses pairs son fils Alexandre, entrepreneur invité à ces voeux. Pierre était fier de sa famille.

De 2005 à 2010, Pierre fut un des administrateurs de Sinequa et surtout celui qui nous a aidé à financer notre projet de reprise en 2005. Pierre était animé par une formidable envie de partager: son intelligence, son éducation, ses expériences. Il conjugait une grande exigence intellectuelle et morale personnelle, et beaucoup d'indulgence et d'enthousiasme pour les autres. Dans toutes les situations, il a démontré équité et intégrité.

Pierre Bilger était un homme qui visait haut, pour lui, pour les autres, et pour ceux qu'il aimait ou estimait. Il affichait sa foi comme un moteur de son action et de ses engagements. Il était d'une grande pudeur et discrétion. Il refusait tout compliment, toute forme d'éloge en publique. Il était intelligent, par l'esprit et par le coeur.

Vous étiez un modèle pour beaucoup Pierre, et je suis profondément désolé. Bonne route vers là haut, et vous pouvez être fier, de vous et de votre famille. Vos causeries à bâtons rompus sur votre blog nous manqueront.

dimanche 13 février 2011

Au revoir Sinequa...

Avec beaucoup de retard je vous présente mes meilleurs vœux pour 2011, et je m’excuse par avance du caractère non personnalisé - l'exercice des voeux devient de plus en plus difficile avec les médias sociaux, surtout si on change de logistique d'email.

Je vis un grand changement : après cinq années passionnantes, j’ai quitté la Présidence de SINEQUA.

Heureux du travail accompli et de l’aventure humaine et industrielle vécue (une équipe de grande qualité, un CA multiplié par 5, des clients prestigieux, une trésorerie importante, un produit et un positionnement reconnu par les analystes), je souhaitais prendre des responsabilités dans une grande entreprise (ce qui sera annoncé bientôt), et quitter le sujet du search.

Voilà la raison principale ayant motivé mon départ. Je l’ai fait en bonne intelligence avec les autres actionnaires de l’entreprise dont en particulier X-Ange, Aurinvest, mon prédécesseur, Philippe Laval, et mon successeur, Alexandre Bilger ; je les en remercie.

Merci de votre passage sur ce Blog. Je vous souhaite une bonne continuation et une très bonne année 2011.

dimanche 12 décembre 2010

L'impact de Facebook et de Wikileaks sur les stratégies d'entreprises

L'internet social et l'accès instantané à l'information vont bouleverser tous les secteurs.


La majorité des industries vont être transformées par les capacités "sociales" proposées aujourd'hui par Internet, c'est la vision de Mark Zuckerberg et il a raison. Les industries de la photo et du jeu sont déjà transformées et les autres industries vont suivre (ci-après une interview du dirigeant fondateur de Facebook au Web 2.0 Summit 2010: Mark Zuckerberg, "A Conversation with Mark Zuckerberg").





L'épisode Wikileak souligne également que les faits seront désormais toujours disponibles pour les clients comme pour les électeurs.



Dans ce contexte, quelle devrait être la réaction des dirigeants de sociétés et de leurs investisseurs?


Imaginez vous sur le point d'acheter un livre, un nouveau téléphone, de réserver un hôtel, de trouver un dentiste, …

Plutôt que de lire des critiques de journalistes spécialisés dans lesquels vous n'avez que moyennement confiance (après tout, ils sont bien payés par quelqu'un, non?), vous préférerez peut-être disposer de données factuelles exactes et de l'avis de vos amis. Et si vous bénéficiez des conseils et de l'expérience de celles et ceux que vous connaissez et en qui vous avez confiance? Avec en parallèle l'accès à tous les éléments factuels utiles pour prendre votre décision. La réponse est assez évidente, comme le montre la valorisation virtuelle exponentiellement croissante de Facebook.


Mes recommandations pour toute industrie seraient:


Au niveau stratégique:

· se concentrer sur bien faire ce que vous faites, en s'assurant que cela a un sens pour le marché. Si vous n'avez pas le meilleur produit ou service, travaillez pour l'avoir, faites les bons partenariats, ou alors faites autrement ou autre chose.

· se concentrer sur la satisfaction de vos clients, ce qui implique d'avoir une relation avec eux (particulièrement ceux qui vous rapportent de l'argent et qui peuvent vous recommander).

Si vous ne faites pas ce qui précède, l'économie sociale de fera qu'accélérer votre chute.


Au niveau marketing et opérationnel:

· investir dans Facebook et les autres pour ajouter la composante sociale aux ventes, à la communication et au marketing (en utilisant leur infrastructure sociale ou en trouvant une façon plus "smart"),

· créer un expérience après-vente unique et de valeur, et y investir massivement. La rendre sociale.


Cela a l'air simpliste, et cela peut prendre des formes différentes en fonction de l'industrie dans laquelle vous êtes, mais il y a un tsunami à l'horizon, et mieux vaut se préparer.

vendredi 12 novembre 2010

L'économie numérique comme modèle de l'économie tout court

Très heureux de figurer parmi les 100 personnalités françaises du numérique selon 01 Informatique. J'y retrouve plusieurs amis du Conseil d'Administration de l'AFDEL à commencer par son Président Patrick Bertrand, mais aussi l'excellent Antoine Gourevitch, Vice Président au BCG (à lire très bientôt un livre qu'il va publier sur le lien entre informatique et stratégie d'entreprise), le Président d'X-Ange et de l'AFIC, Hervé Schricke, également actionnaire financier de Sinequa, et enfin mon camarade et brillant coopétiteur François Bourdoncle, fondateur et stratège d'Exalead.

Précurseur oui, mais avec le concours d'un associé
Ayant commencé à m'intéresser très tôt au lien entre accès à l'information et efficacité collective et individuelle, j'assume totalement le qualificatif de "précurseur". Mais les concepts en matière d'informatique ne valent que s'ils sont correctement exécutés, en bonne connaissance des enjeux technologiques sous jacents. Il faut anticiper d'où viendra la différenciation. Un grand bravo à mon associé Alexandre Bilger pour avoir su penser et construire une solution logicielle visionnaire et démarquée de la concurrence, qui plus est répondant aux besoins des clients.

Il a fallu naviguer sur l'avant et faire en sorte que les bonnes personnes montent à bord du navire, collaborateurs, partenaires et clients. Mais il a fallu aussi trouver le bon cap et Alexandre Bilger fut d'une grande clairvoyance sur de nombreux choix technologiques évidents aujourd'hui, mais difficiles à anticiper il y a quelques années (pour les connaisseurs et c'est certainement réducteur car je ne vais pas dévoiler la "secret sauce": développer nos propres connecteurs, passer rapidement en 64bits, intégrer la sécurité au coeur de l'index en early biding, etc....). Mon intuition de ce que demandait le marché a rencontré des solutions concrètes.

J'ai eu l'honneur et le plaisir de servir dans la Marine, et j'aime le célèbre "il n'y a pas de vents favorables pour ceux qui ne savent pas où aller" de Séneque. Dans le développement d'une innovation industrielle, savoir où aller ne suffit pas, il faut aussi comprendre les enjeux technologiques. Difficile d'ailleurs de comprendre où l'on va si on ne comprend pas intimement ce qu'on fait. Un grand merci à Alexandre Bilger d'avoir su faire les bons choix produits depuis cinq ans.

Réflexion sur l'importance de la connaissance scientifique
Avant Alexandre Bilger et moi-même, Pascal Pellegrini et Philippe Laval ont jeté les bases du coeur de technologie de Sinequa: la partie linguistique. Pendant près de vingt ans, un peu de capital risque et beaucoup de financement par la recherche ont permis à notre "fond de sauce" technologique de s'écrire et de se sédimenter. Sans l'aide du système français de recherche, sans les thèses en CIFRE que Cora devenu Sinequa a hébergé, Sinequa serait incomplet.

Mais comme dirait Charles Aznavour, "je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre", la recherche en ce temps là avait plus de temps pour le passage de l'innovation théorique au concept à visée industrielle. Ce temps est révolu, la recherche et l'entreprise doivent aujourd'hui avancer main dans la main, en synergie et en couplage serré.

On n'imagine pas Google par exemple se passer de la vision et de la connaissance de ses fondateurs. La France compte de nombreux chercheurs de qualité. Leur intelligence et leur connaissance doivent éclairer de l'intérieur celles et ceux qui pilotent nos entreprises dans un monde où l'innovation s'accélère, et où la compétition est mondiale.

Pour que l'entreprise soit avisée et navigue comme il faut, je ne recommande pas de transformer les scientifiques en dirigeant, on a vu les limites d'une politique industrielle pilotée par des ingénieurs (encore qu'un ingénieur a été scientifique, mais ne le reste pas toujours et c'est plus qu'un détail). Mais il faut absolument que la recherche éclaire en permanence les dirigeants d'entreprise. Et plus elle rayonnera et plus clair on verra. De moins en moins de secteurs industriels échappent à cette exigence.

J'en profite pour rendre hommage à l'action menée par la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse. En parallèle des dispositifs de pôles de compétitivité, dans un contexte budgétaire difficile, Valérie Pécresse a contribué à rétablir l'importance de cette recherche dont nous avons tant besoin, dans toutes les matières, des sciences dures aux sciences sociales. Elle a favorisé un rapprochement public-privé sans pour autant dénaturer l'exigence scientifique.

Plus qu'un enjeu d'enseignement supérieur, c'est un enjeu de compétitivité et de société. Alors je dis bravo.

mardi 12 octobre 2010

Vision Client 360 : de considérations philosophiques jusqu'à la prochaine génération des CRM

De l'importance des solutions créées via les search-based applications dans la gestion du client

Si ils se rappelaient qui sont leurs clients, au lieu de poser cent fois les mêmes questions... L'expérience client serait tellement meilleure. Si vous aimez la philosophie, je vous conseille de (re)lire La reprise ou la répétition de Kierkergaard. Si le passé n'est pas accessible et visible, l'expérience d'aujourd'hui n'a que peu de sens...

Plus concrètement, dans notre économie volatile, une vision 360 degrés du client n'a jamais été aussi importante. Comme je l'évoquais dans mon post Du Search au Business Search, pour délivrer une telle vision, un moteur de recherche d'entreprise est "nice to have", mais ce qu'il faut vraiment est une "search based application" qui absorbe l'environnement riche en informations hétérogènes autour de la relation client.

Sinequa propose aux utilisateurs à travers une interface unique un accès à chaque détail et à chaque interaction avec le client. Ceci induit la visibilité nécessaire pour fournir un meilleur service, pour proposer de nouveaux produits à bon escient, et finalement pour augmenter la satisfaction et la fidélité du client.

Au Crédit Agricole, des dizaines de milliers de collaborateurs vont utiliser une application créée sur le Business Search de Sinequa pour avoir un accès rapide et sécurisé à toutes les données clients critiques. De l'ordre de 8 milliards de transactions par an, 2,6 milliards de contrats et de documents dans les systèmes de gestion documentaire, dans SharePoint et dans d'autres sources; et de l'ordre de 600 millions d'emails par an.

A travers la solution intégrée Sinequa Business Search, une banque peut délivrer sa promesse : "offrir aux clients les bons produits au bon moment, en accord avec leurs besoins et intérêts,” ceci avec un ROI en quelques semaines, permettant aux collaborateurs de gagner 20 minutes ou plus par jour, et au passage facilitant la consolidation des données et des centres de calcul.

Je trouve cela formidable; Je trouve que c'est le futur...

mercredi 28 juillet 2010

NEW: Context-based search + interfaces utilisateur riches. Ca va changer nos vies

Sinequa vient juste de devenir partenaire Silver d'Adobe. J'ai eu ce jour la première démonstration d'un prototype que nous avons développé conjointement. C'est incroyablement sexy. Bien sûr, tout cela peut théoriquement être réalisé avec les autres technologies d'interface riche, mais celle-ci est vraiment spectaculaire (au fait, c'est celle qui a été retenue par la banque que je citais dans mon post du mois dernier)

On ne peut qu'être impressionné par la combinaison de la puissance d'un moteur de recherche multidimensionnel et temps réel tel que Sinequa Context Engine et des fonctionnalités riches et collaboratives proposées par une interface client riche telle que celle d'Adobe.

Un display dynamique et intelligent, beaucoup de possibilités et beaucoup de choses qui peuvent se passer sur l'écran, mais en ne montrant que ce qui est nécessaire. Pas de compromis sur la rapidité ou sur les volumes. Mais aussi une capacité intégrée d'offrir la collaboration autour de l'interface de recherche et de navigation, délivrant ainsi une véritable expérience de social search. Il faut le voir pour le croire. Une gestion complète du multi-canal, intégrant également intuitivement et nativement toutes les spécificités des tablets et des smart-phones.

Une illustration? votre question, des résultats, plusieurs façons pratiques d'affiner et de naviguer qui n'apparaissent que si et quand vous en avez besoin. Puis vous voulez partager le contexte de votre écran pour travailler avec une autre personne ou pour bénéficier de conseils en contexte (pensez à des situations de relation client). Ecran 17 pouces ou écran de smartphone, ça marche.

Nous voila au début d'une disruption industrielle. Nous allons assister à une incroyable transformation de la façon dont les entreprises servent leurs clients et se présentent au marché. Un changement dans la manière d'aider les salariés à travailler efficacement, avec le contexte approprié et toujours en temps réel. Il me tarde d'être dans la section VIP du monde commercial et industriel: travailler dans une entreprise et n'interagir qu'avec des entreprises ou administrations qui utilisent efficacement ces technologies intelligentes. Arrêter de cliquer, scroller, naviguer, et simplement faire l'expérience agréable d'une transition évidente de mon contexte personnel vers les réponses à mes questions. Pour de vrai, cela va changer nos vies en beaucoup mieux.

lundi 28 juin 2010

Une grande banque construit sa relation client autour du search

Sinequa a annoncé 12,8 Millions de dollars de chiffre d'affaires pour l'exercice se terminant au 31 décembre 2009. Merci à Olivier Roberget et à Collaboratif Info pour avoir repris les (bons) résultats de Sinequa dans son article "Sinequa: Les outils de recherche deviennent critique".

Notre performance s'améliore car nous devenons essentiels dans des projets stratégiques de grandes entreprises. Une des dix premières banques mondiale vient d'ailleurs de témoigner sa confiance à Sinequa en choisissant notre Socle Applicatif de moteur de recherche pour construire le poste de travail de demain des chargés de clientèles. Pour les millions de clients de cette banque, nous serons également au coeur de l'accès direct en self service à leurs données propres. Notre plateforme s'intègre ici avec d'autres technologies (base de données, client riche, SOA,...) venant pour les citer d'IBM, Adode, Software AG.

Ce projet risque de faire beaucoup d'émules car encore une fois, une interface web s'appuyant sur une technologie souple et rapide d'unification de l'information de type search est la seule réponse aux enjeux actuels des entreprises. La seule façon d'absorber le volume exponentiel des données et le besoin d'immédiateté et de vision unifiée, tant pour les clients que pour les employés et process internes. Dans un contexte d'entreprise étendue et avec des clients de plus en plus réactifs et informés, il ne faut pas rater cette marche technologique.